Le Gourmet d’Asie : "La France nous a donné la chance d'avancer"

focus commerçant

Ce mois-ci nous sommes allés à la rencontre de Michael et Chantal du "Gourmet d’Asie", traiteurs spécialisés dans les plats chinois et cambodgiens.

Michael et Chantal nous ont accueillis dans leur boutique dédiée aux saveurs d’Asie. L’occasion de faire connaissance avec ces personnages d’une grande gentillesse. Toutefois, c’est Chantal qui s’est prêtée au jeu de l’interview avec un sens aiguisé pour la conversation, comme quelque chose d'inné et naturel, tout comme son sourire contagieux.

Bonjour Chantal, pouvez-vous vous présenter ?

Bonjour, je m’appelle Chantal Lai, j’ai 61 ans et suis marié à Michael ici présent (rires). Nous avons 4 garçons et 8 petits enfants. Dans la vie quotidienne, j’aime jouer au piano que j’essaie d’apprendre depuis 12 ans. Je ne pense pas que vous me verrez un jour sur une scène tant les progrès sont lents (sourire) ! Sinon, j’aime la marche, aller à la piscine ou au hammam. Les occasions se font malheureusement trop rares car le travail occupe une place importante au quotidien et il n’est pas rare que nous finissions la préparation de nos plats à 1 heure du matin, notamment l’épluchage des légumes.

Quel est le parcours professionnel qui vous a conduit jusqu’au "Gourmet d’Asie" ?

Je suis né au Cambodge à Pai Lin, une ville située à la frontière de la Thaïlande. Issue d’une classe moyenne commerçante, avec mes parents et mes 8 frères et sœurs nous avons subi la violence de l’arrivée de la dictature communiste des Khmers rouges en 1975. J’avais 16 ans. Ma famille, comme la plupart des Cambodgiens ne supportant pas d’avoir tout perdu et ne pouvant espérer un quelconque avenir sinon celui de la terreur, a décidé de migrer. Tout d’abord vers la Thaïlande où nous avons vécu près d’un an et demi. Ce fut très dur, je me souviens avoir traversé les montagnes et la jungle durant douze jours et douze nuits avec la peur d’être repérée et exécutée. Mon plus petit frère avait 9 mois lors de ce périple. Mon papa, Lay Hem, nous lui devons la chance d’être en vie. Il nous a fait supporter cette épreuve, nous rassurant et nous donnant la force d’avancer. Notre père nous a guidé, sans boussole, se repérant au soleil comme unique guide. Il portait sur lui une grande photo de sa maman afin qu’elle nous protège du mauvais sort car il était très croyant. Et nous avons réussi !

En 1976, le Président de la République Française, Valéry- Giscard-D’Estaing a ouvert les frontières aux ressortissants cambodgiens. Aidés et accompagnés par des associations comme "La Croix Rouge", nous avons alors été accompagnés jusqu'à ce que nous trouvions du travail. C’est ainsi que nous avons pu venir nous installer à Herblay près de Paris. Pas facile, mon père se sacrifiait pour nous lorsque nous avions peu de nourriture. Par la suite, il a trouvé du travail à l’usine. Peu après, nous nous sommes installés dans le Nord car il y avait du travail dans les usines textiles à Roubaix. Précisément là ou se trouve aujourd’hui « l’Usine », le centre commercial . J’y ai donc travaillé quelques années. J’ai rencontré Michael à Lomme en 1981 et nous avons fondé notre famille. J’ai ensuite travaillé dans une usine spécialisée dans électronique et le câblage à Tourcoing ou encore une autre qui fabriquait des stores pour les caravanes.

Votre père compte beaucoup dans votre parcours personnel, que vous a t-il enseigné qui vous influence au quotidien ?

Les valeurs du courage, du respect. Donner pour recevoir. Ne pas faire du mal aux autres au risque que cela se répercute sur tes propres enfants et pleins d’autres choses basées sur l’entraide et les valeurs amicales. Il est parti il y a déjà douze ans et chaque jour de ma vie je pense à lui et applique ses valeurs. J’attache de l’importance à ce que nos enfants en fassent de même. Les enfants, écoutez vos parents ils ont souvent raison ! (rires).

Et la cuisine asiatique, c’est venu comment ?

Enfant au Cambodge, j’ai beaucoup observé et participé à la cuisine familiale avec ma mère et ma grand-mère. J’y ai tiré un premier enseignement. Puis, en 2000, j’ai travaillé chez un traiteur sur Lille à Wazemmes. J’ai beaucoup appris. Enfin en 2009, Michael et moi nous sommes décidés à ouvrir notre entreprise à Loos et avons ouvert « Le Gourmet d’Asie ». Mon mari se charge des courses et de la préparation des nouilles. Je m’occupe de la préparation des plats et de l’épluchage des légumes. Nous accueillons tous les deux les clients selon nos emplois du temps. Je tiens d’ailleurs à remercier de tout cœur nos clients de leur fidélité. Certains sont même devenus nos amis. Ils nous donnent de la force de par leurs encouragements et c’est super ! Sur Loos, nous sommes les seconds à proposer de la cuisine asiatique après le restaurant Chen situé au 70 rue du Maréchal Foch. Sont arrivés ensuite Pad Thaï et Tam Tam qui proposent également une cuisine asiatique. La concurrence est toujours bonne car elle offre aux Loossois une grande variété de choix.

Quelles sont les spécialités que vous proposez ?

Notre cuisine est chinoise et cambodgienne. Vous trouverez des plats autour du bœuf, du poulet, du canard et du porc. Le bœuf piquant au curry rouge, le poulet au gingembre, les nouilles, le riz, mais aussi les nems, les rouleaux de printemps, les samoussas…Nous disposons d’une carte détaillée au magasin et proposons des menus à partir de 7,90€.

La période liée à la crise sanitaire du Covid-19 n’est-elle pas trop compliquée pour votre commerce ?

Nous faisons de la vente à emporter et je pense que nous sommes sûrement moins impactés que les restaurants traditionnels. Nous avons le soutien de nos clients dans cette période délicate et c’est le principal.

Je tiens également à remercier la Mairie de Loos pour leurs actions, leur accueil.

Un dernier mot qui me tient à cœur et que je n’ai jamais eu l’occasion d’exprimer dans ma vie. Je remercie la France de nous avoir accueillis et nous avoir donné la chance d’avancer !

Chantal nous explique ensuite que son prénom cambodgien se prononce et s’écrit « Chantha ». « Tha », qui signifie parler et « Chan », la fleur. Voilà un prénom prédestiné qui s’accorde avec bonheur à Chantal !

Le Gourmet d’Asie
Le « Gourmet d’Asie »
Le « Gourmet d’Asie »
Le « Gourmet d’Asie »
Le « Gourmet d’Asie »
Le « Gourmet d’Asie »
Le « Gourmet d’Asie »
Le « Gourmet d’Asie »
Le « Gourmet d’Asie »
Le « Gourmet d’Asie »
Le « Gourmet d’Asie »
Le « Gourmet d’Asie »
Le « Gourmet d’Asie »
Le « Gourmet d’Asie »
"Le Gourmet d’Asie"
Le « Gourmet d’Asie »
Le « Gourmet d’Asie »
Le « Gourmet d’Asie »
Le « Gourmet d’Asie »
Le « Gourmet d’Asie »
Le « Gourmet d’Asie »
Le « Gourmet d’Asie »
Le « Gourmet d’Asie »
Le « Gourmet d’Asie »
Le « Gourmet d’Asie »
Le « Gourmet d’Asie »
Le « Gourmet d’Asie »
Le « Gourmet d’Asie »
"Le Gourmet d’Asie"
EN SAVOIR PLUS

Infos pratiques

"Le Gourmet d'Asie"

  • Traiteur Asiatique
  • Plats à emporter, spécialités Chinoises et Cambodgiennes

109, rue du Maréchal Foch 

Tel :  03.20.85.90.17

Horaires d'ouverture : 

  • Dimanche et lundi : fermé
  • Du mardi au samedi : 10h-13h30, 16h-20h

Accès transports en commun: prendre la Liane 5 direction Haubourdin, arrêt Mairie de Loos, direction mairie, à 50 mètres de l'arrêt.

Le mot de la fin

Chantal :  "Je ne peux dissocier mon histoire de celle de mes parents puisque ma vie s'est construite autour des valeurs inculquées par mes parents ainsi que leurs nombreux conseils toujours bienveillants.

Malgré les horreurs vécues lors du régime des khmers rouges, mes parents n'ont eu de cesse de croire en l'avenir. L'espoir et l'optimisme dont ils ont fait face pendant ces jours sombres continuent de me guider ainsi que mes 8 frères et sœurs. Le poids des responsabilités était tellement lourd....Toutefois, ils ont surmonté chaque obstacle avec un immense courage.

Ces valeurs, cet optimisme, ce courage, sont devenus notre philosophie de vie et nous les avons également transmis à nos enfants. Avec persévérance, abnégation et travail, j'ai su trouver ma propre voie dans cette magnifique terre d'accueil qu'a été pour moi le France et je suis fière de constater que mes enfants saisissent les nombreuses opportunités qui leur ont été offertes en continuant à préserver cet héritage.

Une histoire qui débute avec mes parents fuyant, avec leurs 9 enfants, un Cambodge meurtri pour quelques années plus tard se transformer en France avec la réussite de mes enfants. Je suis bénie de pouvoir témoigner de cela."

 

A lire aussi
Vie économique

Vingt quatrième épisode de notre focus commerçant.

Vie économique

Olivier Lemaire nous a ouvert les portes de sa charcuterie située

Vie économique

Tous les quinze jours, la Ville de Loos met en avant ses commerçants à travers une interview.